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Les indignés du Judo - Une tribune de Mr Stéphane Roche

Dojo de France - Judo des Académies - Les indignés du Judo - Une tribune de Mr Stéphane Roche

Le groupement Dojo de France - Judo des Académies a choisi de relayer la tribune de Mr Stéphane Roche, professeur de Judo, à propos de l'état actuel du Judo en France.


Les indignés du Judo

Messieurs les responsables des instances institutionnelles,
Messieurs les décideurs,

Je pratique le judo depuis plus de 35 ans et depuis quelques années l'indignation s'empare de moi.

Permettez-moi de regretter le judo de mon enfance !
Permettez- moi de regretter qu'évolution dans le judo rime malheureusement avec dégradation !
Permettez-moi, dans mon rôle actuel d'enseignant au JAE (Judo Agglomération Echirolles), d'avoir un avis critique sur 2 sujets : l'évolution des règles d'arbitrage et le calendrier des compétitions.

Permettez-moi de craindre que le judo ne soit en train de « vendre son âme » sous prétexte de rendre l'activité plus télévisuelle et plus lisible par le grand public. Le projet était louable mais le résultat actuel est consternant. Par là, je veux dénoncer le piètre spectacle que je vois sur les tatamis où les arbitres ne jugent plus du judo mais passent leur temps à sanctionner les judokas selon un règlement sans cesse modifié, jamais égalé, plein d'ambiguïté et de confusion ; où les judokas sont bridés par la peur d'être pénalisés.

Permettez-moi de ne pas comprendre le retrait du « Koka », l'interdiction de saisie de jambes, l'interdiction de saisie croisée, l'interdiction de faire lâcher la saisie à 2 mains, etc...

Permettez moi de constater que ces empilements d'interdictions et de changements de règles d'arbitrages toutes aussi peu efficaces les unes des autres est un échec.

Permettez-moi de dénoncer que sous couvert de sécurité, la pratique des enfants devienne démotivante, illisible et quasi impossible à arbitrer. Comment ne pas avoir de grosses difficultés à expliquer à un enfant de 8 ans qu'il n'a pas le droit de faire tomber sauf si..., sauf ça...., à condition que...., avec la main ici mais pas là....etc ? Comment arriver à lui expliquer que même avec des belles projections, il peut perdre son combat. A mon époque, les choses étaient bien plus simples et je ne suis pas certain qu'il y avait plus de blessures.

Permettez-moi de craindre que dans ces conditions nous ayons de plus en plus de mal à créer des vocations chez les arbitres.

Permettez-moi également de dénoncer les soi disantes mises aux normes européennes et mondiales du calendrier sportif. Si c'est ça l'Europe, permettez moi de préférer la petite France de mon enfance !

Permettez- moi de regretter mon calendrier de compétitions d'antan avec des rencontres départementales, régionales, inter régionales et nationales 1ère et 2ème division ; étalées sur une année sportive ; plutôt que des critériums, des circuits, des coupes, des ½ finales, ... où plus personne n'y comprend plus rien, où les jeunes ne savent plus toujours de quoi ils sont champions.

Permettez-moi de regretter qu'une saison sportive ne commence plus en septembre pour se finir en juin et qu'il n'y ait pas de changement de catégorie d'âge en milieu de saison.

Permettez-moi de regretter l'époque où le calendrier n'était pas surchargé et où nous allions faire des petits tournois interclubs dans une ambiance familiale et populaire.

Permettez-moi enfin de craindre que vous ne soyez en train de mettre à mal le plaisir d'enseigner les valeurs de notre sport, sclérosé par une multitude de contraintes sans cesse changeantes. Tout cela à cause de décisions prises entre politiques, sans concertation du monde d'en bas, c'est-à-dire sans l'avis des pratiquants et des enseignants.

Pourquoi ai-je l'impression d'avoir pratiqué pendant 30 ans le judo dans les mêmes conditions, avec les mêmes règles, selon le même calendrier, et que tout cela fonctionnait très bien.
Puis, en quelques années, tout a été égratigné, voir piétiné, saccagé.

En conclusion, permettez-moi d'être nostalgique du judo de mon enfance.

Permettez-moi de pousser « mon coup de gueule » pour exiger de ma fédération ; qui récolte 36 euros par adhérent ; une prise de conscience.
Prenez vos responsabilités, allez sur le terrain, parlez avec les professeurs, les enfants, tout ce monde de passionnés. Echangez avec les hommes de terrain ! Et ensuite vous déciderez !

Permettez-moi d'essayer de faire bouger les lignes.

Permettez-moi de vous suggérer de redonner à notre cher judo ses lettres de noblesse

 

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